Les Liens Du Sang

14/03/2025

Durée : 3 épisodes de 52 mins 

Format : Documentaire Fiction

Auteurs Réalisateurs : Charles Antoine DE ROUVRE

Productions Déléguées : AHI COMPANY et LA COMPAGNIE DES TAXI-BROUSSE

Pitch :

Entre 1838 et 1898, la France tente d'asseoir son autorité dans le Pacifique.

Alors qu'elle veut faire passer la Polynésie sous son autorité, elle se retrouve confrontée à une rébellion des populations, soutenue indirectement par les Britanniques.

Les troupes françaises sont battues à plusieurs reprises par les guerriers polynésiens, et doivent renoncer à leurs ambitions. Après s'être inclinées aux Marquises, elles sont contraintes de signer un traité de neutralité dans l'archipel des Iles Sous-le-Vent, après l'échec d'une opération de débarquement sur l'île de Huahine. Lorsqu'elles tentent à nouveau de les annexer à la fin du XIXème siècle, jusqu'au bout des insurgés perturbent la mise en oeuvre de leur projet.

Seules les îles de Tahiti et Moorea passent véritablement sous le contrôle français, mais là encore aux prix de violents combats. Les Français sont même contraints de construire des forts pour contrôler l'accès aux vallées rebelles de l'intérieur de l'île.

Cette histoire surprenante et passée sous silence, éclairée par des données militaires, géopolitiques, sociologiques, anthropologiques, religieuses, démographiques, porte un tout nouveau regard sur la colonisation française de la Polynésie.

Cette série documentaire, fera notamment dialoguer les récits historiques et intimes des soldats français qui les rapportent dans leurs journaux, et les propos des chefs et cheffesses polynésiens, consignés par les témoignages ou la tradition orale.

Note d'intention :

L'histoire du protectorat français sur la Polynésie est toujours présentée comme une douce mise sous tutelle, voire même une demande de la reine Pomaré qui confie son beau royaume à l'Amiral Dupetit-Thouars….

La réalité est beaucoup moins féerique !

Quelques semaines à peine après la signature d'un protectorat sur les Marquises, des combats opposent guerriers et soldats. Les Marquisiens réussissent à tuer 26 soldats français. Dans les années qui suivent, dans les îles de la Société, le refus de la reine Pomaré IV de se plier aux exigences françaises, soutenue par les colons britanniques et les missionnaires protestants, conduit l'Amiral à annexer sans ordres le royaume en novembre 1843.

Les Polynésiens n'acceptent pas cette annexion et la résistance s'organise. De 1844 à 1846, sur l'île de Tahiti, une véritable guérilla tahitienne harcèle les troupes françaises depuis les montagnes et les vallées de l'intérieur. Les maquisards n'hésitent pas à organiser des opérations qui portent le feu jusque dans Papeete. Les combats sont si intenses que le gouverneur Bruat doit construire des forts et des tours de défense. Les Français n'hésitent pas à employer toute la force dont ils disposent pour tenter de mater les insurgés. C'est à cette occasion que se déroule par exemple la bataille de Mahaena au cours de laquelle 460 soldats de marine sont débarqués par bateau et affrontent environ 1 000 rebelles. Charles Giraud, dessinateur, réalise à l'époque 5 huiles et 24 gravures pour documenter la b ataille.

Les Tahitiens ne baisseront les armes qu'après avoir défendus fièrement leur peau lors de la bataille de la Punaru'u ou la prise du fort Fautaua. Mais d'autres rebelles continueront à résister dans les autres iles de l'archipel. En janvier 1846, une expédition militaire est menée à Huahine dans les Iles sous le Vent, par le commandant Bonard. Elle tourne au désastre : les Français sont repoussés par la reine Teri'itaria, qui leur inflige de lou rdes pertes.

Aujourd'hui, pour qui connaît ou sait chercher, les traces de ces combats sont toujours visibles. Les montagnes et les vallées n'ont pas changé. Les tours des fortifications françaises dissimulées dans la végétation témoignent encore des combats, comme les traces des fortifications de Mahaena. Par

hasard, ou à la suite de fouilles archéologiques, de nombreuses armes, des obus, ou encore des sépultures de combattants sont mises régulièrement à jour.

En partant explorer ces vestiges archéologiques aux côtés de leurs plus fins connaisseurs, en remontant le fil de leur histoire et les travaux des scientifiques en cours, ce documentaire ressuscite la mémoire de ces guerres passées sous silence. Ces séquences documentaires font découvrir ces lieux oubliés et interrogent les spécialistes et historiens sur les évènements qui s'y sont déroulés.

En parallèle, à partir des témoignages historiques, de mini séquences fictionnées font revivre dans ces mêmes lieux les destins croisés des combattants de chaque bord, Polynésien et Français. Les dialogues de ces séquences portent principalement sur les interrogations et le ressenti des événements par ces personnages. Ils permettent pour la première fois d'entendre des points de vue de l'époque. Ces séquences servent de portes d'entrée vers le récit documentaire. A chacune d'entre elle répond une séquence documentaire qui décrypte les événements dont ils ont été les témoins.

A titre d'exemple, le Français Boisard, un soldat du rang, rapporte dans son cahier manuscrit, récemment découvert, la violence des combats de ce conflit oublié. Il est le témoin du regard que les Français portent sur ces iles, leurs populations et les enjeux géopolitiques de l'époque.

En parallèle, le film pourra faire entendre la voix de Teri'itua Vahine, la cheffesse d'Hitiaa sur l'île de Tahiti, l'une des premières instigatrices de la rébellion à la suite de la tentative de prise de pouvoir par les Français.

Ses paroles permettront de faire ressentir, le choc culturel, social, religieux, démographique, … auquel sont confrontés les Polynésiens lors de l'agression française.